Deux euros pour sauver la salle Pleyel

Vendredi 28 novembre, j’ai assisté à ce qui – compte tenu des décisions qui ont été prises (par je ne sais par qui d’ailleurs) – devrait être le dernier concert de ma vie Salle Pleyel.

Afin que la nouvelle salle de la Philharmonie de Paris, qui ouvre en janvier, ne soit pas à moitié vide, il a été décidé qu’il n’y aurait plus de concert classique Salle Pleyel. Cette belle et prestigieuse salle, récemment rénovée, serait donc exclusivement réservée à la variété et aux « musiques actuelles ».

Cette décision, que je juge stupide, est en tout cas scandaleusement liberticide ainsi que particulièrement néfaste pour la musique dite « classique » et qui n’en est pas moins contemporaine.

 

À la fin du concert de vendredi (le Wiener Phliharmoniker dirigé par Philipe Jordan), certains bénévoles distribuaient des prospectus pour inciter le public qui sortait de la salle à soutenir l’association 

 

Pour la musique classique salle Pleyel

111, avenue Victor Hugo

75 784 Paris cédex 16

en envoyant à l’adresse ci-dessus un chèque de deux euros.

 

Pour le principe, mais aussi et surtout en souvenir des centaines de concerts auxquels j’ai  assisté dans cette salle dont certains ont marqué à tout jamais ma mémoire – notamment une Neuvième Symphonie de Beethoven par Igor Markevitch et une Septième par Lorin Maazel –, je me permets de vous suggérer de soutenir, comme je l’ai fait, ladite association. 

 

Cela me paraît d’autant plus important que cette affaire n’est hélas qu’un des symptômes du mépris des principaux acteurs (politiques, médiatiques, etc.) de notre société pour la musique dite « classique » qui n’est autre en fait que « la » musique et que l’on sent en danger.

 

D’une part, elle occupe de moins en moins de place

-dans les journaux et magazines (voir, par exemple, Télérama : le supplément Sortir de cette semaine consacre moins de trois petites colonnes à la musique « classique » sur les dix-huit qui balaient toutes les déclinaisons des « musiques actuelles » dont les plus improbables comme clubbing) ;

-à la télévision où elle se réfugie sur Arte ;

-à la radio : même France Musique, radio de service publique, court désespérément après l’audience en diminuant le temps consacré à la musique classique. Ainsi la Matinale est une émission culturelle qui pourrait avoir sa place sur France Culture. Il y est question – ce qui est très bien par ailleurs – de cinéma, de théâtre, de littérature, d’arts plastiques, etc. et la diffusion d’œuvres « classiques » est systématiquement contrebalancée par des chansons, de la variété etc. Ce faisant, on provoque évidemment la fuite du vrai public de la chaîne, celui qui aime la musique classique. Ce public n’a d’autre ressource que d’écouter des disques ou Radio Classique, radio privée où on ne passe jamais de musique contemporaine (la programmation atteint rarement les années 1950).

Il y avait, et il y a peut-être encore sur France Inter, une émission intitulée « c’est classique mais ce n’est pas grave », titre qui montre bien l’air du temps où règne un certain mépris pour la musique classique.

 

D’autre part, les politiques publiques promeuvent systématiquement le métissage ou la juxtaposition de la musique classique avec d’autres musiques, cela dans l’intention naïvement démagogique d’élargir, par ce biais, le public de la musique classique. Or seules l’éducation, la pédagogie peuvent espérer atteindre cet objectif louable.

Cela méritera un développement particulier.

 

Pour conclure et bien montrer aux amoureux de la musique et de l’art en général – il faut dire maintenant « la haute culture » – qu’il y a péril en la demeure, je cite sans commentaire cette publicité qui circule sur internet et invite les enfants à ne pas aimer la musique classique : « je préfère ranger ma chambre plutôt que d’écouter  de la musique classique »

 

 

 

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